Je ne vais pas te laisser dans un suspens intenable : j’ai eu une très bonne expérience dans cette maternité.
Mon état d’esprit : au-secours j’ai peur de l’hôpital !
Au départ, j’avais de gros a priori sur les maternités de grands hôpitaux et sur la qualité des soins dispensés. Surtout, j’étais très angoissée à l’idée de ne pas être écoutée, de perdre le contrôle et, disons-le franchement, de subir des violences obstétricales.
Je suis française, j’écoute énormément de podcasts français, et notamment ceux dénonçant les violences que l’on peut subir en tant que jeune accouchée. J’avais donc de gros a priori négatifs à l’idée d’accoucher dans une maternité d’hôpital et de faire mon post-partum direct là-bas.
Accoucher et faire son post-partum à la maison de naissance Tilia ?
Quand la grossesse n’était que petits oiseaux et fleurs de printemps, et que l’accouchement était une éventualité certaine mais encore lointaine, je m’étais imaginée accoucher et faire mon post-partum à la Maison de naissance Tilia. Ma grossesse et mon état de santé le permettant, j’aurais pu y accoucher.
Mais cela voulait dire : pas de péridurale. Si je ne supportais pas la douleur, si le travail n’avançait pas correctement, ou que sais-je… il aurait fallu prendre la voiture pour aller à l’hôpital, potentiellement en urgence. Cette éventualité m’a fait peur. Je m’imaginais avec une douleur intenable, devant être transférée à l’hôpital en catastrophe. Je n’étais pas rassurée.
Le choix de la sécurité hospitalière
C’est mon premier accouchement, je ne connaissais pas la douleur des contractions, je ne connaissais rien d’un accouchement. Ma famille étant dans le médical, elle m’a fortement conseillé l’hôpital, et accoucher en maison de naissance n’aurait rassuré personne (moi y compris). Et ce, même si Tilia est juste à côté de l’hôpital. Mon mari m’aurait suivie peu importe ma décision, mais il n’était pas un fan absolu de l’idée.
Bon, ce n’est pas grave : on n’y accouche pas, mais on y fait le post-partum ! L’idée était de passer la première nuit à l’hôpital et, si on avait le feu vert, de partir là-bas.
Bon… spoiler alert : à cause d’une grave déchirure et d’une grosse fatigue, je suis finalement restée à l’hôpital pour tout mon séjour. Quand on a enfin pu sortir, je souhaitais simplement rentrer chez nous, même si on aurait pu faire un séjour à Tilia après (ce qui n’aurait rien changé d’un point de vue financier).
Espace AVA et chambre parentale à Pourtalès : enfin !
Mon obstétricienne m’a parlé de l’option d’accouchement physio à l’hôpital de Pourtalès et m’a donné la brochure pour l’espace AVA (Accueillir la Vie Autrement). Je te conseille vivement d’aller visiter l’espace. La maternité organise des visites guidées le premier samedi du mois. C’est parfait pour te rassurer ou, au contraire, te conforter dans le choix d’une autre option, comme Tilia.
Notre refus des chambres partagées
S’il y a bien une chose que je trouve indécente pour les jeunes parents et les mamans, ce sont les chambres partagées. L’idée même de partager mon intimité avec un autre couple et un autre bébé (et toute leur famille pour les visites), il en était hors de question.
Déchirure ou non, j’aurais d’office fait mon séjour à Tilia (ou directement chez moi) si nous n’avions pas eu l’option des chambres parentales ou privées. C’est déjà tellement difficile de gérer son bébé, son conjoint et soi-même … Alors ajouter d’autres parents dans la même pièce qui vivent la même chose, en sachant que le papa doit dormir sur une sorte de chaise inconfortable …
Je suis contente que l’hôpital ait (enfin !) pris l’initiative d’offrir la possibilité d’un séjour confortable pour les parents. C’est moyennant finance, mais bon, tout est une affaire de sous : nous nous étions dit que la prime de naissance de Patachou allait notamment servir à financer ce séjour en chambre parentale.
Notre séjour dans la chambre parentale : entre tranquillité et bons repas
J’ai accouché en octobre et nous avons eu la chance d’avoir accès à l’une des nouvelles chambres parentales (pour 200 CHF la nuit). Les chambres sont spacieuses et fonctionnelles.
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Au passage, je t’ai préparé un article complet sur ma valise de maternité pour Pourtalès si ça t’intéresse : c’est ici ! Tu pourras y télécharger une liste récapitulative 😉
Les petits suppléments qui font plaisir
Le parking était gratuit, ils nous fournissent également un bon de 20 CHF pour aller dans un restaurant partenaire d’une validité d’un an !
Le confort de la chambre
La chambre est vraiment grande, équipée d’un grand lit très confortable, d’un canapé-lit parental, d’un lavabo, d’une salle de bain privative et de tout le nécessaire pour bébé. La lumière est ajustable. De mémoire, on pouvait la contrôler à distance avec une télécommande (je te recommande quand même d’avoir ta propre petite lampe portable pour la nuit). Il y a également un accès à la terrasse, qui est normalement non-fumeur.

Malheureusement, je n’ai pas pu profiter du lit parental… À cause de ma grave déchirure, j’étais incapable de me lever seule et j’ai dû rester dans le lit médicalisé par pure nécessité physique. Cette immobilité a cruellement contribué à l’échec de mon allaitement. Si tu souhaites en savoir plus sur cette étape, j’ai détaillé tout mon parcours dans l’article : “Et si ne pas allaiter était le plus beau geste d’amour pour mon bébé ?”.
Quelques détails à améliorer
Ce qui manquerait selon moi ? Une bouilloire pour pouvoir faire chauffer de l’eau quand on le souhaite, ainsi qu’un petit frigo dans la chambre pour stocker nos propres denrées ou boissons. Il y a bien un frigo commun dans la salle pour les parents et famille, malgré tout, mais un petit frigo privé serait un vrai plus.
Maternité oblige, il faisait particulièrement chaud, même en fin d’automne. Notre Patachou avait chaud elle aussi, c’est pour vous dire !
Dernier petit bémol : le coussin d’allaitement fourni était en billes, et j’ai vraiment du mal à comprendre ce choix. C’est certes très modulable et ajustable, mais pas confortable du tout. C’est sûrement une question de goût, mais je préfère largement un coussin un peu plus rondouillard.
La chambre était bien insonorisée, nous n’entendions pas les autres bébés. En revanche, nous entendions les bruits de couloir.
Des repas incroyables
Côté repas : incroyable ! C’était digne d’un restaurant, bien loin de l’idée qu’on se fait d’une cantine d’hôpital. C’est du fait-maison, avec des produits de qualité et en bonne quantité (d’ailleurs Papaboussole finissait la moitié de mon assiette).
On me demandait chaque jour ce que je voulais pour les repas1. On demandait également au papa s’il souhaitait un café et du pain pour le petit-déjeuner ! Le petit déjeuner est composé de pain, de beurre, de confiture, d’un yaourt, d’une boisson chaude et d’un jus.
Tout était tellement bon que je me souviens encore de ce que j’ai mangé durant le séjour. On en parle encore du chili con carne avec Papaboussole c’est pour dire !

Bien manger après avoir accouché est un besoin vital. Je suis très sensible au plaisir gustatif, et honnêtement, le fait de mal manger m’aurait fait fuir la maternité. C’était d’ailleurs un point qui m’avait fait hésiter avec Tilia, mais Pourtalès a assuré.
Les espaces communs

Au bout du couloir de la maternité, un espace parents et famille très sympa avec des tables, une machine à café, de quoi se faire un chocolat chaud, du thé et des bouteilles d’eau, ainsi qu’un frigo à disposition. Il y a également une salle dédiée au pesage des bébés, avec des hamacs pour l’installer, qui est uniquement accessible aux parents (la pouponnière).
Mention spéciale à cette jolie vue !
L’accompagnement au quotidien
Le personnel soignant
Le personnel a toujours été à l’écoute et très disponible. Le matin, c’est le moment des soins : on vient nettoyer la chambre, donner les médicaments, etc. En revanche, l’après-midi et la nuit sont hyper tranquilles, le personnel ne t’embête pas et ne vient pas sans demander.
Un grand point positif : le papa n’est jamais exclu. Mon mari ne s’est jamais senti à l’écart, que ce soit pendant l’accouchement ou après.
Le personnel de la maternité : une immense gratitude 🧡
J’ai eu une première sage-femme exceptionnelle : c’est elle qui m’a accouchée (avec mon incroyable obstétricienne) et qui m’a accompagnée durant mes premiers jours. De manière générale, les sages-femmes ont été d’une grande aide et se sont montrées très proactives concernant mon allaitement. Comme Patachou ne prenait pas correctement le mamelon et était trop fatiguée, on m’a fourni un tire-lait pour extraire le colostrum, en prenant le temps de m’expliquer patiemment son fonctionnement. Je ne peux que remercier chaleureusement ces personnes qui m’ont entourée avec autant de bienveillance. Grâce à elles, ce séjour, pourtant si compliqué physiquement et mentalement parlant, a été grandement apaisé.
Je tiens à saluer les sages-femmes, mais également le personnel auxiliaire qui a grandement respecté notre intimité et a contribué à rendre ce séjour si agréable. Quant au chef ou à la cheffe cuisinier·ère… vous avez littéralement illuminé nos journées avec vos petits plats !
La situation géographique
Ça peut paraître un détail, mais avoir la Maladière juste à côté nous a bien aidés. Nous n’avions pas vraiment anticipé les repas de Papaboussole et j’ai eu une folle envie de Kinder. Le fait d’avoir la Coop juste à côté a permis à Papaboussole de faire l’aller-retour rapidement selon ce dont on avait besoin.
Les sandwichs proposés à l’accueil au niveau 0 sont validés par Papaboussole, même s’ils ne sont pas disponibles en permanence.
Mes deux petites expériences négatives
Un manque d’écoute psychologique
Malgré ce tableau très positif, tout n’a pas été parfait. La deuxième nuit, j’étais constipée et j’avais terriblement peur, avec ma déchirure, de trop pousser et d’éclater mes points (oui, je sais que ce n’est pas possible dans des conditions normales). On m’avait donné un suppositoire, mais sans rien m’expliquer. J’aurais sûrement dû le laisser agir plus longtemps en restant allongée, mais, bref, il a été inefficace.
Mon mari a appelé la sage-femme plusieurs fois, et elle lui a répondu : “Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ?”. Bah… je ne sais pas ? Il me semble qu’il y a une part d’accompagnement psychologique des mamans dans ce travail, non ? Juste me dire : “Ne vous inquiétez pas, ne forcez pas, on reprendra demain, vous avez des laxatifs qui vont faire effet”, cela m’aurait aidée et réconfortée.
Oui, tu ne peux pas me donner plus de médicaments sur le moment, mais par contre, tu peux m’offrir une écoute. J’ai fini par renoncer à aller à la selle, mais après avoir forcé, eu mal, eu peur, et en étant en colère de ne pas avoir été accompagnée.
Une prise en charge sans consentement
La deuxième expérience concerne l’allaitement. Je n’arrivais pas à donner le sein correctement à ma Patachou. Une professionnelle est arrivée, a pris mon sein et l’a mis directement dans la bouche de ma fille, sans rien m’expliquer, sans rien me demander, et encore moins solliciter mon consentement pour me toucher. Aucun geste doux ou prévenant, cette personne m’a juste fait mal.
De plus, ce que je n’ai vraiment pas aimé, c’est qu’elle était visiblement malade : elle ne portait pas de masque et toussait sur moi et mon bébé de deux jours. Je me suis dit que si Patachou tombait malade, je le signalerais (heureusement, ce ne fut pas le cas).
Le bilan de mon séjour : positif ?
Au final, j’ai eu la chance de bénéficier d’une chambre tout confort et, 99 % du temps, de professionnels bienveillants et patients à mon égard.
Et pourtant, tu sais quoi ? Je me souviens aujourd’hui avec beaucoup plus de vivacité de ces deux petits passages négatifs que des nombreux moments positifs. Bien sûr, ce ne sont que deux gouttes d’eau dans l’océan de mon séjour. Mais si je tiens tant à les raconter, c’est pour mettre en avant une réalité essentielle : la bienveillance et la qualité de l’accompagnement sont absolument cruciales pour nous, les mamans.
De mon point de vue, on peut avoir les meilleurs équipements au monde, si le personnel n’est pas prévenant et attentif aux besoins des mamans, cela gâche l’expérience. La première chose dont on parle entre mamans de jeunes bébés quand on se rencontre, c’est notre accouchement, et le fait de s’être sentie bien, écoutée et valorisée (ou pas).
Avec mon expérience à la maternité de Pourtalès, je peux dire que ce fut un très bon séjour.
Et moi, comment j’allais ?
Ce sera le sujet d’un article un peu plus détaillé sur les surprises physiques et psychologiques auxquelles j’ai dû faire face pendant mon séjour. Pour te spoiler un peu : je ne savais pas qu’on pouvait être incapable de sentir sa vessie et de la vider correctement après un accouchement, au point de devoir être sondée.
Cette incapacité à être indépendante, liée à la déchirure, faisait que je n’arrivais ni à me lever ni à m’asseoir seule. J’utilisais constamment les fonctionnalités du lit hospitalier. J’avais même regardé si on pouvait en louer un pour notre retour à la maison tellement j’en étais dépendante ! Bon, j’ai fait sans, mais c’était vraiment compliqué.
Pour un deuxième bébé, je reviendrai sans hésiter dans cette maternité. Merci pour l’accompagnement la maternité de Pourtalès !
- J’étais en division demi-privée. Ce qui nous a coûté 1500 CHF de franchise …. On adore les surprises comme ça :'( ↩︎
