Le départ pour la maternité de Pourtalès 🏥
Ça y est, on le sait au moment de quitter l’appartement : on ne rentrera pas qu’à deux.
📷 Le conseil de Mamanboussole 📷
Prends-toi en photo juste avant de passer la porte, je chéris précieusement ce cliché …
De mon côté, j’avais bien dormi, j’étais reposée et confiante, dans toute la naïveté et la candeur de ce qui allait se passer. J’étais surtout centrée sur Patachou qui n’allait pas très bien. On prend la valise, le sac de maternité, et go à la maternité de Pourtalès !
Dimanche, 8h00 : on y est. Premier étage à Pourtalès, nous sommes attendus. On décroche (enfin, Papaboussole, parce que Mamanboussole déteste ça) ce fameux téléphone mural :
« Oui bonjour, c’est pour le déclenchement. »
🤒 Le point “spoiler” de l’histoire : Accoucher malade
Élément contextuel supplémentaire : j’étais malade. Pas le petit rhume, non, la bonne grosse suspicion de COVID ou de grippe… Bref, j’avais un état grippal fortement marqué. C’est Grandmamanboussole, venue en début de semaine avec Papiboussole, qui m’avait dit, je cite : « Ne t’en fais pas, c’est un petit rhume. »
Je vous spoile ici : j’ai accouché avec de la fièvre. Le test PCR a heureusement écarté la grippe et le COVID (sinon je crois qu’on aurait été séparées de Patachou), mais cette maladie mystère a mis trois semaines à me lâcher …
La pose du ballonnet 🎈
Bref, revenons à nos moutons. Nous sommes installés dans une des petites salles de consultation. On prend ma tension, moniteur du bébé en continu, un petit test PCR des familles, et une voie veineuse de posée.
Je vais vous avouer un secret… j’ai eu plus peur et j’ai plus transpiré pour cette voie veineuse sur la main que pour la pose du ballonnet elle-même ! Oui, je ne suis pas la personne la plus courageuse que tu aies rencontrée 😂
Mon obstétricienne m’a fait un toucher pour savoir où j’en étais depuis le samedi. Mon bouchon muqueux était parti la veille ! J’avais commencé à me dilater ; la séance d’acupuncture, les huiles essentielles et le travail mental avaient fait leur effet.
Le moment de la pose
Mon obstétricienne et une sage-femme m’ont installée sur une chaise qu’elles ont inclinée à 45°. Je fixais un point précis et me concentrais dessus.
De ce que j’ai compris de ce « posage » : on vous insère un ballonnet que l’on remplit d’eau pour le gonfler, et le volume est ajustable.
- Mon ressenti : C’était douloureux comme de très, très grosses règles. Ce n’est pas agréable, je ne vous le cache pas, mais ce n’est pas insurmontable.
- Mon coup de mou : La douleur est passée au second plan car j‘ai carrément commencé à tourner de l’œil ! Ma tension a chuté (à cause de la douleur ? de la peur ? de la position ?), et je luttais plus pour rester consciente que pour me concentrer sur le reste.
Mon obstétricienne et la sage-femme ont été très prévoyantes, et mon mari au top pour me coacher. Une fois que c’est posé, la sensation est un peu étrange, mais ça ne fait pas mal. Nous attendons un moment, puis nous montons dans notre chambre à la maternité pour attendre…
12h d’attente … : apprendre à contrôler et accueillir les contractions ⏳
Douze heures. Il faut que je tienne douze heures avant que l’on m’enlève ce ballonnet. Il doit être 10h, on me l’a posé vers 9h : objectif 21h.
Nous sommes installés dans une chambre de maternité, tout seuls. À midi, je suis déjà au bout du rouleau. J’ai des contractions qui me font très, très mal, je crie de douleur, je ne contrôle rien.
Nous suivons leurs vagues régulières grâce à une application sur notre natel ; cela nous aide à nous concentrer et à savoir où j’en suis. Je me tords de douleur, je me tiens à la rambarde du lit, et Papaboussole me presse les points de contre-pression dans le bas du dos comme on l’avait appris en préparation (j’ai eu des bleus et mal pendant des jours…).
La trêve entre les vagues de contraction
Le point positif ? Quand les contractions s’arrêtent, la douleur disparaît instantanément. J’ai même réussi à manger mon plateau d’hôpital entre deux vagues, je me souviens encore de la bonne tarte au citron !
Je ne vais jamais tenir jusqu’à 21h …
Mais le reste du temps, j’essaye de tenir et ça me paraît impossible. Je me dis qu’il va falloir arrêter, j’abandonne, j’ai trop mal. Il n’est que midi, seulement trois heures sont passées… Tenir comme ça jusqu’à 21h30 me semble insurmontable.
Le déclic : L’arrivée du ballon et de la respiration
On finit par appeler une sage-femme. Elle m’explique qu’il y a une possibilité d’avoir de la morphine, mais que si je peux patienter et tenir, c’est mieux pour la suite du travail. Adorable, elle me dit :
« Bon, on va faire des exercices de respiration ensemble, je vous amène un ballon. »
Et vous savez quoi ? Miracle.
Mon accouchement, ma fierté 💪
Après le passage de la sage-femme, j’arrive à me reprendre. C’est le moment de tout mon accouchement où je suis la plus fière de moi.
- 🧘♀️ Je respire correctement, profondément.
- 🌀 J’imagine mon col se dilater, comme une sorte d’anneau que je visualise en train de s’ouvrir.
- 🌊 J’accueille (c’est vraiment le terme) la contraction comme le signe bénéfique que mon corps travaille.
Globalement, j’ai fini par réussir à m’allonger. Je les gérais mieux sur le ballon, mais je ressentais le besoin de me reposer. Les contractions devenaient de plus en plus intenses, mais moi aussi, je devenais plus forte.
Plus jamais ça : Le calvaire des touchers vaginaux
Par contre, s’il y a bien un truc qu’on ne me refera plus jamais sans péridurale, bon sang, ce sont les touchers vaginaux. Mon Dieu, la douleur…
En plein pendant une contraction, allongée sur le lit où je n’arrivais plus à gérer, c’était abominable. J’en ai eu trois en chambre, et j’ai hurlé de douleur. C’était intenable. J’en avais pourtant eu deux par mon obstétricienne qui n’étaient pas agréables (comme de fortes douleurs de règles), mais là, c’était vraiment au-dessus de mes forces.
Le bilan des 12 heures : Sacrée performance ! 🏆
Contre toute attente, je n’ai pas perdu le ballonnet d’elle-même… mais je suis arrivée dilatée à 3 !
Alors franchement, vu le point de départ à midi et la maladie mystère que je me traînais, on peut m’applaudir ! Le ballonnet a fait son travail, et moi le mien. La suite du voyage peut commencer.
De la béatitude à la douleur atroce : l’ocytocine 🎢
Il est 21h, on m’enlève le ballonnet et… on attend. Oui, c’est long… On observe comment évoluent les contractions. Deux scénarios possibles : soit elles continuent, soit elles diminuent. Devinez quelle case j’ai cochée ? Elles diminuent.
Au fur et à mesure, je les sens moins fortes, plus espacées. On décide donc, vers 23h, de passer à la vitesse supérieure : la perfusion d’ocytocine.
Le mouvement : le nerf de la guerre 🚶♀️
Il faut s’imaginer que depuis que j’ai repris la main sur mes contractions à 13h, je marche, je fais du ballon. J’avais compris une chose essentielle : le mouvement, c’est la clé dans un accouchement.
J’arpente donc le couloir de la maternité de Pourtalès en long, en large et en travers, en m’arrêtant parfois pour gérer une vague. Nous sommes même allés me chercher des Kinder au distributeur dans le hall d’entrée ! C’est pour dire le petit parcours ! De retour dans la chambre, je me remets sur le ballon, je fais des 8, en avant, en arrière, exactement comme ma super prof de Pilates prénatal me l’avait appris. Bref, je gère.
LE plus beau souvenir de mon accouchement : Quand j’ai plané 🪐
Il doit être minuit, Papaboussole dort sur sa chaise tellement inconfortable. Nous avons la chance d’être seuls dans cette chambre standard, et heureusement… car malade comme je l’étais, devoir gérer la réalité brute d’un déclenchement avec une voisine de lit, je ne l’imagine même pas…
C’est à cet instant précis que tout bascule dans la magie. Je me mets sur mon ballon pour la centième fois, je lance ma playlist spéciale accouchement dans mon casque, une sucette dans la bouche, et je vibe, je PLANE.
Chaque contraction, je la ressens comme du plaisir ; j’ai réussi à transformer la douleur en un signal positif. Je respire par le nez, je souffle comme dans une paille, et je dessine des 8 avec mon bassin. Je chante doucement, je danse, je me connecte avec Patachou en imaginant ce col s’ouvrir.
Quand j’y repense aujourd’hui, j’en ai encore des frissons. Désormais, quand je suis stressée ou que j’ai besoin de puiser de la force en moi, je repense à ce contrôle absolu que j’ai eu.
5h15 : Quand la douleur reprend les commandes 📉
Bon… après ce souvenir de pur bonheur… place à l’horreur.
J’arrive à comater de 1h à 5h du matin. Mais la douleur commence à se faire sérieusement sentir. Debout, sur le ballon, rien n’y fait : au bout de dix minutes, j’ai mal, très mal. Certaines contractions m’échappent complètement. À 5h, je me lance un petit challenge horaire :
« Je tiens jusqu’à 5h30 avant d’appeler la sage-femme ».
À 5h15, je comprends que c’est fini. Je ne contrôle plus rien, et je sens que « ce n’est pas normal ».
La descente d’urgence en salle d’accouchement
La sage-femme arrive rapidement et m’allonge sur le lit, c’est un supplice absolu. Elle tente un toucher vaginal et comprend très vite que je ne vais pas bien : la douleur est atroce, continue, sans aucun répit. Je suis tordue dans le lit, je m’accroche, je hurle. On descend en salle d’accouchement précipitamment.
Mon souvenir brut
Je ressens encore les secousses du lit qui entre dans l’ascenseur … La douleur est indescriptible. Même en écrivant ces lignes, il m’est impossible de la ressentir physiquement à nouveau, mais je sais, intellectuellement, que c’était absolument abominable.
Attendre avant de pousser : vive la péridurale ! 💉
Il doit être 5h45. Je me retrouve dans la salle d’accouchement de Pourtalès, celle avec les baleines et le fond rouge. On me transfère sur le lit, sous monitoring complet pour Patachou et pour moi.
Je ne me sens pas bien du tout, je ne supporte plus la douleur. Ça va bien au-delà du simple ressenti : j’ai l’impression que mon corps lâche, qu’il n’arrive plus à encaisser. Je comprends d’ailleurs que nos monitorings, ce n’est pas la folie furieuse non plus. Je demande l’anesthésiste. Il mettra quinze minutes à arriver. Quinze minutes interminables.
Le défi de la pose : entre trembler, se figer, et tenir
Si vous avez déjà eu une péridurale, vous savez qu’il ne faut absolument pas bouger. Eh bien, je vous dépeins le tableau :
- Mes douleurs sont continues, sans aucun répit.
- Je tremble de tout mon corps.
- J’ai de la fièvre.
- Mon rythme cardiaque est trop élevé.
Je suis allongée sur le côté, le dos arrondi, et je me concentre. Je pense très fort à ma sœur qui est étudiante pour être médecin anesthésiste. Je tremble comme une feuille, mais on ne peut pas attendre entre deux contractions puisque ça contracte non-stop.
Le médecin a piqué pile au bon moment. Je me focalise, je me fige, je me “retiens” de trembler et je serre les dents. Honnêtement, je ne saurais pas dire si la pose fait mal. C’est inconfortable, c’est sûr, mais face aux contractions que je subissais, je crois que si on m’avait amputée à ce moment-là, j’aurais eu moins mal !
L’explication médicale 🩺
Je l’ai compris après, mais mon utérus, sous l’effet de l’ocytocine, ne se décontractait plus du tout. Sur le TOCO, j’étais au maximum (120, l’intensité d’une fin de travail) et je ne redescendais qu’à 80 (fin de travail également). On m’a heureusement injecté un médicament pour relâcher l’utérus juste après la pose.
La péridurale : le soulagement immédiat
On sent le produit se diffuser le long de la colonne. La pose dure une quinzaine de minutes, avec plusieurs étapes. Très vite, je commence à reprendre le dessus. J’ai pu enfin respirer, reprendre le contrôle et me concentrer.
- ⏱️ Dès la fin de la pose : La douleur devient supportable.
- ⏱️ Au bout de 15 minutes : La douleur a presque disparu.
🧊 Le test du glaçon : On me fait le petit test du froid sur le bras, la poitrine, le ventre, les jambes… Ouf, la péridurale est bien bilatérale ! On me tourne d’un côté puis de l’autre pour éviter qu’elle ne se latéralise d’un seul côté du corps.
🤎 Le changement d’équipe et la douceur retrouvée
Une fois que tout est en place et que le produit agit, on nous donne un peu d’espace. C’est l’heure du changement d’équipe. Sur le coup, je suis bien embêtée parce que j’aimais beaucoup ma première sage-femme.
MAIS celle qui prend le relais s’avère être mon coup de cœur humain de tout mon séjour.
Fait étonnant : on nous apporte des petites biscottes avec du thé ou du jus. J’étais tellement contente de pouvoir manger un morceau ! L’attente devient tout à fait supportable, j’essaye de me reposer, je lis… Ces moments-là, eux aussi, sont de superbes souvenirs.
Dès qu’elle fait pleinement effet, je me sens revivre, physiquement et psychologiquement. J’ai presque envie d’épouser ce médecin qui a si bien posé cette aiguille !
J’ai envie de popoter urgemment : Patachou arrive !
Il est entre 9h et 10h. Je comprends que bon, on n’est pas pressés : je suis dilatée, mais peut-être à 5, donc on y va tout doux, tout doux.
On me perce la poche des eaux. Ce n’est pas douloureux. La sage-femme nous explique tout, nous fait un dessin, nous prévient : « On attend, mais si ça n’avance pas, on fera ça. »
🧭 Le mot de Mamanboussole 🧭
C’est exactement ce que je voulais : qu’on m’explique, que je puisse comprendre ce qu’il se passe et pourquoi on doit faire tel geste à tel moment. Tout simplement qu’on m’implique dans mon accouchement.
Puisqu’avec la péridurale je n’ai plus la sensation de devoir uriner, on me vidange également la vessie. Niveau douleur, c’est le paradis : j’ai appuyé une seule fois sur la gâchette pour m’injecter une dose supplémentaire. Je peux bouger, mais je ne ressens plus aucune douleur. Pour les touchers vaginaux : allez-y, faites-vous plaisir ! On ne sent plus rien, et c’était très satisfaisant de savoir que l’on avançait (ou pas !).
Une équipe de choc en salle de naissance 🤝
Mon obstétricienne est prévenue de ma présence en salle de naissance. On lui dit en début de matinée que tout va bien et que ce n’est pas imminent. Il est prévu que ce soit elle qui m’accouche.
Honnêtement, j’avais un tellement bon feeling avec ma sage-femme que j’aurais pu accoucher uniquement avec elle. On ne sais jamais sur qui on tombe, et j’ai eu la chance d’avoir une professionnelle aussi incroyable. Mais… vous commencez à me connaître… j’adore mon obstétricienne, je lui fais entièrement confiance et sa présence me rassurait totalement.
Si, pour une raison ou une autre, on devait finir en césarienne, aux forceps ou que sais-je, je savais que j’étais entre de bonnes mains et je n’avais pas peur. (Bon, vous pensez sûrement à ma déchirure… et bon sang, heureusement qu’elle était là… mais n’allons pas trop vite).
Il doit être midi. On m’installe dans une position face au lit, car Patachou n’était pas tout à fait correctement positionnée ; on essayait de la faire légèrement pivoter.
L’envie de pousser = l’envie de popoter
C’est là que je commence à sentir que j’ai envie de « popoter ». Je sais que c’est le signal : ça fait appel aux mêmes muscles et j’ai un besoin viscéral de pousser. J’appelle la sage-femme qui constate qu’effectivement, Patachou est bien en train de se diriger vers la sortie.
Elle me demande de faire une poussée d’essai et me donne le choix :
« Bon, soit vous poussez maintenant et elle sort, soit on attend votre obstétricienne. »
Vous avez compris et commencez à me connaître : ON ATTEND.
Pour vous donner une idée, en une trentaine de minutes, je suis passée de 6 à 10 de dilatation. On dit qu’il faut en moyenne une heure par centimètre, alors autant vous dire que ce fut ultra-rapide.
Quand mon obstétricienne arrive, je comprends qu’elle s’est pressée : elle ne s’attendait pas à ce que j’accouche aussi vite en début d’après-midi au vu de l’évolution première de mon travail.
Alors, c’est parti, dans une humeur hyper positive : on s’y met. On va pousser et découvrir Patachou !
Malheureusement… tout ne se passera pas comme prévu…
