Au secours, je ne supporte pas les pleurs !

« J’ai envie qu’elle se taise, et ce n’est pas pour elle, c’est pour moi. » Si cette phrase vous a déjà traversé l’esprit, posez-vous et respirez : tu n’es pas seule. Je l’ai criée intérieurement des dizaines de fois. Voici mon vécu, sans filtre, sur cette tempête émotionnelle.

🤰 Durant la grossesse : l’illusion de l’innocence

Ah, les pleurs… À l’époque, je n’avais pas encore entre les mains le « Saint Graal », le livre Mon bébé pleure beaucoup. J’avais lu sur le sommeil, sur l’éveil, et j’avais même parcouru un ouvrage très scientifique sur les idées reçues autour des pleurs1… mais honnêtement, ce dernier ne m’a été d’aucun intérêt sur le terrain.

Je n’avais jamais vraiment entendu de bébé pleurer de ma vie. Pars donc sur une Mamanboussole toute innocente, ignorante, qui transférait toute son anxiété sur sa fille poilue (ma chatte) : j’avais peur qu’elle ne supporte pas le bébé, qu’elle prenne Patachou en grippe ou qu’elle fasse des cystites de stress…

Spoiler alert : rien de tout ça. Par contre, c’est Mamanboussole qui en a sacrément bavé !

🏥 À la maternité : je vous aime, boules Quies !

Dès la maternité, les pleurs, c’est quelque chose… Tu veux que je te dise ? Mon indispensable absolu dans ma valise de maternité (spéciale Pourtalès), ce n’était ni mon pyjama cosy, ni mon soutien-gorge d’allaitement : c’étaient mes boules Quies. Oui, tu as bien lu.

C’est un conseil que je n’ai vu nulle part ailleurs, mais bon sang, quel soulagement !

🏚️ Le retour à la maison : frustration et culpabilité

Je l’assume (et j’ai eu du mal à l’accepter) : les pleurs de ma fille me laissaient insensible. Ils ne me poussaient pas à prendre soin d’elle, mais déclenchaient chez moi un stress et une frustration immense.

Le décalage des ressentis

Début décembre, Patachou avait un peu plus d’un mois. Elle pleurait en continu de 18h à minuit presque tous les jours2. Quand j’expliquais la situation autour de moi, les gens réagissaient en disant : « Oh, pauvre Patachou, elle doit vraiment être pas bien… ».

Et moi ? Je n’avais pas une seule seconde pensé à ce qu’elle subissait. Je pensais uniquement à moi et au fait que j’avais envie que ça s’arrête, pour mon propre bien. Même le papa réagissait avec plus d’empathie immédiate : « Pauvre Patachou, ça me fait de la peine ».

Mère indigne ?

Non, bien sûr. J’étais seule toute la journée avec elle, sans aucun relais. La journée, tout allait bien, mais à la nuit tombée, le “Gremlins” se réveillait et je vacillais. Comme je vous le raconte dans mon prochain article sur l’évolution de mon amour pour Patachou, j’ai mis du temps à l’aimer. En décembre (elle avait 2 mois), je commençais à peine à apprécier m’occuper d’elle. Disons-le franchement : je n’étais pas une fan absolue de passer mes journées à m’occuper d’un bébé que je n’aimais pas encore.

🧠 La minute psycho (restitution de ma psy) 🧠

« Vous avez une amplitude de tolérance. Selon les personnes, la fatigue et les moments de vie, cette amplitude est plus ou moins grande. Quand vous la dépassez, vous ne pouvez plus gérer, et c’est tout à fait normal. »

Revenant d’une fin de grossesse difficile, d’un accouchement traumatique et d’un post-partum douloureux, je n’avais d’énergie que pour essayer de survivre moi-même. Il m’est arrivé de fortement m’énerver. Dans ces moments-là, mon mari (cet être exceptionnel) prenait totalement le relais. Je m’enfermais alors dans une chambre avec mon casque à fond. Si je voulais cuisiner pour me détendre, c’était boules Quies + casque Bose à réduction de bruit activée avec la musique à fond.

Le tabou du bébé secoué

J’ai eu des coups de frustration, d’impatience. Jamais envers Patachou, mais j’avais envie, j’avais besoin, que ça s’arrête. Je n’ai bénéficié d’aucune prévention sur le syndrome du bébé secoué, que ce soit à la maternité de Pourtalès, à la Maison Tilia ou chez le pédiatre. Rien. C’est par les podcasts que j’ai découvert ce sujet.

Non, ce ne sont pas des parents foncièrement mauvais ; ce sont des parents épuisés, poussés à bout, qui ont un geste malheureux par manque de ressources.

Je me suis toujours dit : le plus grand danger pour Patachou quand elle pleure comme ça, c’est toi. Il vaut mieux la poser en sécurité dans son lit plutôt que d’avoir un geste malheureux. On la pose, on souffle ailleurs, on la reprend quand on se sent mieux.

📈 L’évolution au fil des mois (à partir de 4 mois)

À ses 4 mois : je l’aime. J’ai senti que j’avais enfin de la place pour elle dans mon cœur. Tout n’est pas rose tous les jours, mais j’aime m’occuper d’elle. Pour les pleurs, j’ai toujours du mal (merci ma sensibilité aux bruits !), mais je les divise désormais en trois catégories :

  • Les pleurs qui me fendent le cœur : Ceux où je veux instantanément la réconforter et qui me remuent les tripes.
  • Les pleurs « guilty pleasure » : Un sentiment partagé avec mon mari… des pleurs d’une telle mignonnerie et d’une telle vulnérabilité qu’on “aime” presque les entendre.
  • Les pleurs qui me tapent sur les nerfs : Ceux qui me donnent envie qu’elle arrête de pleurer, ou ma patience est très limitée et que je ne souhaite écourter plus pour mon bien-être que le sien

Notre Patachou n’est pas un bébé qui pleure. C’est un bébé qui exprime ses émotions et ses besoins autrement grâce à ses expressions, ses gestes, … et dont nous arrivons à décoder les messages et à y répondre. Si jamais elle pleure, c’est panique à bord : quelque chose d’inhabituel se produit.

  1. Comprendre son bébé : le langage secret des pleurs ↩︎
  2. Si tu souhaites savoir comment on a réussi à la calmer c’est ici ! ↩︎

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