Le lait maternel est meilleur, oui… mais après ?
Brisons le tabou : est-ce vraiment une raison suffisante pour s’imposer l’allaitement ?
Je pense qu’en termes de « ce qui est le mieux pour le bébé », le lait maternel l’emporte. Il n’y a pas de débat. J’ai décidé d’accepter que, oui, c’est meilleur : les anticorps, le lait qui s’adapte en fonction du bébé s’il est malade… J’ai décidé de ne plus avoir honte de le dire.
Oui, le lait maternel est meilleur, je le sais, on le sait, et même en ayant choisi le biberon, on ne peut pas le nier.
👩🔬 Au-delà du débat scientifique 👩🔬
Mais à mon sens, le débat n’est pas là. On ne choisit pas de donner du lait infantile parce qu’on veut donner un ersatz à nos enfants. Non, on choisit le lait infantile pour d’autres raisons.
C’est pour cela que je ne placerai pas le fait que le lait artificiel soit « moins bon » dans les points négatifs, car cela ne devrait pas entrer dans la balance. Pourtant, j’avais cette mentalité avant d’accoucher : je me disais que j’allais forcément donner le sein parce que c’était le meilleur pour Patachou.
Sauf que ma réalité du post-partum m’a rattrapée. Et je vais être crue :
La dépression post-partum tue !
“Je préfère mille fois que Patachou ait un biberon plutôt qu’une maman qui sombre dans la dépression post-partum et ne soit plus là pour elle.”
La première cause de mortalité chez les mamans en première année de post-partum est le suicide1. Ne néglige pas tes symptômes, fais-toi aider2 ! J’ai négligé les miens par raison économique, et 6 mois après, je finis aux urgences psychiatriques !
🧡 Choisir ses limites pour survivre 🧡
Depuis, j’ai appris et compris que j’avais le droit de penser à moi, d’être égoïste, et je l’assume.
- ❌ Je ne ferai plus les choses uniquement « parce que c’est mieux pour Patachou ».
- Je les ferai si elles ne m’ajoutent pas une charge mentale ou physique supplémentaire.
- 🎯 Je ferai ce que je pense être le mieux, mais dans la limite stricte de mes capacités.
Je ne ferai plus d’efforts sacrificiels pour elle, parce que je n’en ai tout simplement plus la force ni les ressources.
🔮 Mes choix pour l’avenir : je n’allaiterai pas mes autres enfants 🔮
Je vais être honnête : je n’allaiterai pas mes prochains enfants. Je ne supporte pas la fatigue, je t’explique mon parcours en détail dans cet article.
Pour la suite, j’ai redéfini mes propres règles de sérénité :
- Je leur donnerai la tétée de bienvenue à la maternité.
- Je tenterai éventuellement le tire-lait (mon expérience avec le tire-allaitement est juste ici).
- Mais je partirai sur une base de lait infantile.
Pour moi, le lait maternel sera du bonus, et non l’inverse. Je préfère être prête et sereine, plutôt que de me retrouver en pleine crise de larmes, à retourner à la maternité à minuit sous une pluie battante avec un bébé d’une semaine.
🛠️ Mes astuces pour se simplifier la vie au quotidien
🍼 De 0 à 3 mois : l’ère du Babybrezza
Pour faciliter la digestion de bébé, un biberon chauffé à 40°C semblerait idéal. C’est pourquoi j’ai rapidement souhaité investir dans un chauffe-biberon. Enceinte, j’avais repéré LE chauffe-biberon de compétition, mais je m’étais dit : « Non, c’est un gadget et c’est hyper cher. » Sauf qu’une fois crevée en post-partum, la réalité m’a rattrapée.
Le plus pénible la nuit, ce n’est pas de faire chauffer l’eau, c’est de gérer la poudre. Ça n’en a pas l’air comme ça, mais verser l’eau dans le biberon est bien plus simple que de doser la poudre : entre plonger sa main dans le paquet, compter le bon nombre de mesurettes (sans s’emmêler les pinceaux à cause de la fatigue) et viser correctement le goulot… On en met souvent à côté, et on ne sait jamais combien est tombé dans le biberon et combien sur le plan de travail …
Complètement épuisée, j’ai craqué et j’ai acheté la Formula Pro de Babybrezza.. Qu’on soit clair : à 250 CHF, c’est un très, très gros investissement.
👍 Les points positifs :
- Un indispensable la nuit : Les premiers mois, pour nous, c’était le Saint-Graal. En deux secondes, on appuie sur un bouton, l’eau chauffe (et reste à température).
- Gain de temps absolu : La machine est configurée selon la marque de ton lait infantile. Elle dose, assemble et distribue le biberon prêt à boire en un clin d’œil. Même pas besoin de le secouer !
👎 Les points négatifs :
- Le risque de sous-dosage : Avec l’humidité de la vapeur d’eau, la poudre a tendance à coaguler dans l’entonnoir et ne tombe pas entièrement. Prudence donc si ton bébé a un grand besoin de prendre du poids : moins de poudre rend le biberon moins calorique…
- L’entretien ultra-fréquent : Tous les 5 biberons, la machine se bloque. Il faut obligatoirement désassembler une petite pièce pour la laver et la sécher.
- Le drame du détartrage : Après 3 mois, j’ai voulu la détartrer au vinaigre en suivant les consignes à la lettre. Impossible d’enlever le goût du vinaigre, même après des dizaines de rinçages. Résultat : on ne l’a plus jamais utilisée…
💡 Mon bilan global du Babybrezza 💡
Je ne vais pas mentir : le côté « j’appuie sur un bouton et le biberon sort déjà mélangé », c’était drôlement chouette. En plein post-partum, c’était mon petit plaisir de maman fatiguée pendant la nuit!
Cependant, avec l’expérience, on aurait très bien pu acheter un « bête » chauffe-biberon classique et préparer nos doses de poudre en avance comme je te l’explique juste en dessous.
🧠 À partir de 3 mois : l’art de l’organisation
Après l’abandon de la machine, nous n’avons pas racheté d’autre chauffe-biberon. Pourquoi ? Tout simplement parce que Patachou tolérait très bien le lait à température ambiante.
De plus, avec l’arrivée du printemps et des températures légèrement plus élevées dans la maison, la poudre se dissolvait beaucoup plus facilement dans l’eau, sans avoir besoin de secouer le biberon pendant des plombes.
💡 L’organisation ultime de Mamanboussole 💡
Les biberons en rang d’oignons
Nous préparons désormais à l’avance tous les biberons de poudre pour la journée (soit la veille au soir, soit le matin même) dans les petits contenants transparents reçus à la maternité.
On aligne en rang d’oignon tous les biberons de la journée sur le plan de travail, avec leur petit contenant de poudre juste devant. Au moment du repas : on verse l’eau, on ajoute la poudre pré-dosée, on secoue, et c’est prêt en 10 secondes chrono. Plus de prise de tête ou d’erreur de comptage quand bébé hurle de faim !
Anticiper la faim vorace de Patachou le matin
Pour le biberon du matin, je prépare également l’eau la veille au soir. Comme Patachou se réveille affamée après 12 heures de sommeil, son premier repas est prêt en un temps record.
La petite anecdote de cuisine
Mon mari préfère peser la poudre au gramme près sur la balance de cuisine ! De mon côté, j’ai vérifié ma technique : avec une cuillère rase, on tombe exactement sur le même grammage.
🛠️ Les achats supplémentaires (potentiellement) utiles
🛒 L’égouttoir à biberons : environ 20 CHF
Moi qui pensais que c’était un indispensable absolu… En réalité, avec les biberons MAM (qui se démontent entièrement pour être lavés et séchés facilement), c’est totalement inutile.
En revanche, pour des biberons classiques qui ne se désassemblent pas par le bas (comme les Lansinoh ou ceux de la maternité), cela peut aider à sécher correctement ou plus rapidement l’intérieur du corps du biberon.
Nous avions acheté notre grille d’égouttage sur Galaxus pour 20 CHF. Le rapport qualité-prix est correct, surtout quand on voit certains modèles concurrents monstrueusement chers…
🧸 Le coussin d’allaitement : environ 40 €
Nous avons trouvé indispensable d’avoir malgré tout un coussin d’allaitement sous la main, même pour donner le biberon. Au début, les bébés sont tellement petits et n’ont aucun tonus que l’on doit les soutenir à bout de bras pendant qu’ils boivent. Le coussin permet de se positionner correctement et bien plus confortablement.
J’ai trouvé ce coussin sur Amazon (fabriqué en Italie). Si tu n’en as pas et que tu veux éviter cette dépense, de simples coussins rectangulaires que vous possédez déjà à la maison feront parfaitement l’affaire !
Au final, donner le biberon : est-ce vraiment se simplifier la vie ?
Comme pour tout, il y a des avantages et des inconvénients. Voici le bilan très personnel de Mamanboussole :
| 👍 Les points positifs | 👎 Les points négatifs |
| Le relais et le repos : Pouvoir passer le relais pour dormir plus de 3 heures d’affilée et enfin récupérer un peu d’énergie. | Le prix : On l’a vu, cela représente un budget mensuel non négligeable, sans compter l’achat des accessoires. |
| L’indépendance et la liberté : Ne pas se sentir comme un « garde-manger sur pattes » en permanence. Partir une journée se fait sans torture d’esprit. | La charge mentale et l’anticipation : Il faut constamment calculer le bon nombre de biberons à emporter et ne surtout rien oublier (poudre, eau, tétines…). |
| L’implication des proches : Mon mari et ma famille ont adoré donner le biberon. C’est devenu leur premier vrai moment de complicité avec Patachou. | La quête des bons produits : Il faut parfois s’armer de patience pour trouver le biberon, la tétine et le lait infantile qui conviennent parfaitement. |
| Le gaspillage inévitable : Un biberon préparé ne se conserve pas au-delà d’une heure. On jette parfois de précieuses mesurettes. |
💡 Mon avis de maman 💡
Tu l’auras compris, je ne dirai pas que donner le biberon soit une manière absolue de se simplifier la vie.
D’un point de vue personnel pour la maman, en termes de santé mentale, de liberté et pour éviter le côté « garde-manger sur pattes », oui, cela simplifie la vie, en tout cas, cela simplifie la mienne.
Mais d’un point de vue logistique et budgétaire au sein de la cellule familiale dans son entier, je pense que cela complique plus les choses que d’allaiter. C’est une balance à peser, propre à chaque histoire et à chaque famille.
