Le quotidien avec bébé
Le tire-lait est-il une bonne alternative ? Mon expérience
Ce qui m’a soulagée, puis le temps, l’organisation et le relais que cela me demandait.
Est-ce que tirer mon lait était une bonne alternative ? Au début, oui : cela m’a permis de continuer à donner mon lait à Patachou sans la douleur de la mise au sein. Puis j’ai découvert tout ce que cela impliquait dans mon quotidien.
Ce récit décrit mon rythme à ce moment-là, avec mes soins et mes difficultés. Pour comprendre le contextele démarrage difficile à la maternité, l’engorgement et les crevasses, je t’invite à lire mon récit sur l’engorgement et les crevasses.
En quelques mots : J’ai enchaîné les erreurs tactiques face à mon engorgement, mes crevasses, ce qui m’a plongée dans une détresse physique et psychologique.
Nous sommes retournés en pleine nuit à la maternité car nous n’avions pas d’alternative pour nourrir Patachou. J’avais tellement mal et j’étais tellement épuisée que je suis partie en crise de panique.
À la maternité, nous avons pu emprunter un tire-lait.
Malheureusement, j’ai dû aller aux urgences gynécologiques : mon engorgement s’est transformé en mastite.
Le soulagement du début
J’ai commencé à tirer mon lait à partir de ce moment-là, Patachou avait donc une semaine. Psychologiquement, ça allait déjà beaucoup mieux : savoir que je pouvais continuer à nourrir Patachou sans subir cette douleur aux mamelons était un vrai soulagement.
Je tirais mon lait toutes les trois heures, pendant quinze minutes. Les quantités me semblaient astronomiques : 80 mL par sein ! Patachou, elle, a très bien accepté le biberon.
C’est plutôt le rythme des médicaments et de la logistique qui rendait ma journée un enfer.
Imagine que je devais manger toutes les huit heures pour protéger mon estomac de mes médicaments (antibiotiques et Irfen) à minuit, 8 h et 16 h.
Ne me demande pas pourquoi, mais avec la logique d’une femme en post-partum épuisée, je prenais mon petit-déjeuner à minuit, mon dîner à 8 h et mon souper à 16 h… le tout entrecoupé de séances de tire-lait toutes les trois heures.
Tire-allaiter, plus simple que donner le sein ? Chez moi, non.
Le tire-lait, ce n’est pas juste : on pompe. Non, je préparais toute mon installation, je pompais le lait pendant une quinzaine à une vingtaine de minutes, je désinstallais le bazar, je nettoyais tous les accessoires et je mettais le lait au frigo.
À cela s’ajoutait le temps que je passais à essayer de soulager ma poitrine. Et tout ça en sachant que Patachou, là, elle n’est pas encore nourrie !
Je ne pouvais pas dormir plus de deux heures d’affilée et ça arrivait quand toutes les planètes étaient alignées, sinon j’avais en moyenne une heure de repos.
En sachant que Papaboussole gérait Patachou entièrement. Rien qu’en m’occupant de moi et en tirant mon lait, je n’avais déjà plus de temps de repos.
On arrive donc à la fin de la 2e semaine de vie de Patachou et tu sais qui doit reprendre le travail ? Le seul relai que j’avais : mon mari.
La remise au sein : l’effort de trop pour moi
Erreur monumentale : la remettre au sein. Cela a contribué à mon épuisement.
J’ai essayé la 2e semaine sur les conseils de ma sage-femme. C’était trop tôt ! Je m’épuisais déjà avec le tire-allaitement, tu me diras : « Mais c’est une bonne idée, ça soulagera le rythme ».
Sauf que non ! Pas au début en tout cas, elle ne tétait pas assez. Donc en plus de la logistique du tire-allaitement, on devait la mettre au sein, qu’elle finisse par téter, et en plus elle prenait mais pas suffisamment donc on devait lui donner le biberon et je devais vider mon sein avec le tire-lait de toute façon.
En sachant que mon mari reprenait le boulot, donc déjà que tirer le lait et m’occuper d’elle était incompatible alors si on ajoute tenter de la remettre au sein…
L’allaitement « naturel » m’a fait échouer mon allaitement
Si le but était de lui donner mon lait, alors parfait : le tire-allaitement était un compromis efficace. Pourquoi vouloir la remettre au sein ? J’ai eu cette impression qu’il fallait lui donner le sein, « nature-peinture ». Au final, le fait d’essayer de lui donner le sein « naturellement » a contribué à ce que je finisse par arrêter complètement car j’accumulais une fatigue immense à la fois physique et mentale.
Oui, il y a plein de raisons de vouloir remettre au sein. Niveau production, j’étais une vraie vache laitière, pas besoin de stimuler ! La question de la stimulation aurait pu se poser, mais plus tard.
La relation avec Patachou ? Elle ne pouvait pas se développer si j’étais dans un état psychologique lamentable.
On m’explique qu’il fallait la remettre au sein avant ses 6 semaines sinon ce ne serait plus vraiment possible après (une question de succion, je ne suis pas experte mais c’est l’idée). Elle n’avait que 2 semaines, j’avais le temps ! Et au pire, je revenais à mon idée de base : le plus important, ce n’est pas tout simplement qu’elle boive mon lait maternel ?
Renoncer au tire-lait, renoncer à allaiter
Le tire-allaitement, ça demande une organisation et un temps énormes. J’étais complètement seule. Le rythme était impossible à tenir. Entre les médicaments, tirer mon lait et donner le biberon, je n’avais littéralement plus de demi-heure de repos. C’était impossible, je pouvais soit m’occuper de Patachou soit tirer mon lait, bon bah, logiquement, on va devoir choisir de s’occuper de bébé.
Grandmamanboussole est venue après un appel à l’aide désespéré, la 3e semaine de vie. Cela m’a donné le temps de finir mon allaitement, en tirant ce que j’ai pu pour faire des réserves et faire la transition avec le biberon.
Heureusement, Patachou a pris sans se poser de questions le lait Bimbosan Classic 1 (elle avait déjà les biberons MAM).
Je me suis dit : « je suis contente qu’elle prenne le biberon mais bon sang, je tire mon lait dans la douleur, et elle n’a rien vu ». Cela m’a évidemment réconfortée dans mon choix de donner le biberon et du lait infantile car cela se passait très bien.
Si tu souhaites savoir comment j’ai arrêté mon allaitement à 3 semaines, comment j’ai donné le biberon de lait infantile à Patachou et l’après, tu trouveras tout dans cet article.
Ce que je ferais autrement
Prévoir cette alternative : ne pas donner directement le sein et ne pas l’allaiter. J’en parle plus longuement dans cet article : comment se préparer à l’allaitement.
Malheureusement, la seule chose dont j’avais besoin à ce moment-là pour continuer : un relais. Je n’avais personne, mon mari a repris le travail au bout de 2 semaines. Grandmamanboussole a pu venir quelques jours heureusement mais c’était pour faire la transition vers le biberon de lait infantile.
Avant de te lancer dans l’allaitement, une question doit être absolument posée : qui peut réellement prendre le relais ? Qui peut m’aider ?
Pour certaines familles, le tire-allaitement trouve sa place. Chez nous, dans ce post-partum-là, je n’arrivais plus à tenir le rythme, les épreuves accumulées, le manque de relais a eu raison de la seule chose à laquelle je ne souhaitais pas renoncer : allaiter mon bébé.
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