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Le quotidien avec bébé

Engorgement, crevasses et mastite : le début de la fin d’un allaitement

D’un accouchement difficile à un allaitement arrêté, il n’y a qu’un pas… Mes 5 erreurs qui m’ont fait basculer vers l’engorgement, les crevasses et la mastite.

Après un démarrage difficile à la maternité, la suite de mon allaitement n’a été qu’épreuves. Dès ma première montée de lait, j’ai eu un engorgement. J’ai malheureusement fait des erreurs qui l’ont entretenu, puis les crevasses et la mastite sont arrivées. Ce qui m’a conduite à arrêter prématurément mon allaitement.

Certaines erreurs étaient et sont évitables. Avec le recul, c’est facile de les identifier. Sur le moment, bien sûr, je ne pensais pas que c’en étaient.

J’ai fait des erreurs, mais j’ai également fait de bons choix. Je n’ai pas été accompagnée comme je l’aurais souhaité et comme, à mon avis, j’aurais dû l’être. J’accordais énormément d’importance à mon allaitement, et je n’aurais pas dû.

Je vais t’expliquer mon parcours et mes erreurs pour que tu puisses avancer avec un bout de mon expérience et faire tes propres erreurs, car certaines d’entre elles sont faites pour être vécues.

À la maternité

Mon allaitement a mal démarré dès la maternité

Première tétée, en salle de réveil, dans un espace immense, rythmé par les gémissements des patients qui émergent de l’anesthésie, et une intimité sommairement créée par les infirmières. Non, je n’ai pas eu de césarienne, mais une déchirure de grade 3C.

Pour le contexte : j’ai accouché vers 14 h, je suis partie au bloc opératoire entre 14 h 30 et 16 h, puis j’ai dû attendre une trentaine de minutes. Au total, deux heures trente se sont écoulées depuis la naissance de Patachou ; je ne l’avais vue qu’une petite quinzaine de minutes avant d’aller au bloc.

Quand je la retrouve enfin, mon mari me l’amène dans son petit berceau d’hôpital et ma sage-femme vient l’installer au sein. Elle n’avait rien mangé et réclamait (Patachou, pas la sage-femme 😉).

Honnêtement, je n’avais pas vraiment envie de la prendre, je me sentais faible et épuisée. Je lui ai donné parce qu’il le fallait, et je savais que j’avais envie de l’allaiter, que je tenais à la mettre au sein alors je me suis raccrochée à ça.

Ce dont je me souviens surtout de ce moment, c’est de moi-même : de cette fatigue écrasante, cette peur que j’ai ressentie pendant toute l’opération et de ces douleurs au niveau de la zone périnéale, insupportables lorsque l’anesthésie a commencé à s’estomper.

Ma déchirure : douleur et perte d’indépendance

La douleur est passée au bout de 12 h, je dirais. J’avais de la morphine (ou un dérivé compatible avec l’allaitement) le premier jour, ainsi que du Dafalgan et de l’Irfen.

Malgré tout, je ne pouvais pas me relever et me déplacer seule. À l’hôpital, je me débrouillais avec le lit pour me relever comme je pouvais, et à la maison, j’ai développé des stratégies (a.k.a mes bras).

Sauf qu’installer Patachou au sein et surtout l’ajuster et la mettre à l’autre sein, je ne pouvais pas le faire par moi-même. Il fallait utiliser mes abdominaux, mes jambes, mais je ne pouvais plus ; me réajuster dans le lit m’était devenu impossible.

Les premiers jours

Dès le deuxième jour : une prise du sein difficile

Pour faire court, elle ne tétait pas bien. Même correctement positionnée, que ce soit son corps ou ses lèvres, elle prenait mal le mamelon. Sa bouche était correctement placée, je me demande donc vis-à-vis de ce fameux frein de langue… À savoir que même le biberon, elle a eu de la peine à le prendre correctement et ne l’a jamais vraiment pris d’une façon physiologique.

On m’a donné des téterelles pour l’aider à prendre et j’ai tiré mon colostrum pour qu’elle puisse se nourrir. Je n’ai pas continué avec les téterelles… et je commençais déjà à avoir les mamelons endommagés par la succion. Cela fait partie de mes grosses erreurs…

J’ai eu le combo gagnant (ou perdant) : perte d’indépendance et un bébé qui tète mal. Pour autant, ce n’était pas joué d’avance : j’ai enchaîné des petites (et grosses) erreurs qui m’ont fait arrêter mon allaitement.

Avec le recul

Mes 5 erreurs tactiques face à l’engorgement et les crevasses

Avec le recul et la fatigue, j’ai cumulé quelques petites erreurs de stratégie qui ont rendu les choses très difficiles :

  1. Retirer les téterelles

    À la maternité, on m’avait donné des téterelles (ce petit bout de plastique que l’on place sur le mamelon pour que bébé ne tète pas directement la peau, ce qui prévient l’apparition des crevasses, même si ce n’est pas à 100 %). Elles ont aidé Patachou à prendre le sein, mais une fois qu’elle a trouvé son rythme, je les ai enlevées.

    Une grosse erreur… malgré sa bonne position, elle a fini par me faire des crevasses.

    Si je ne les avais pas enlevées, je n’aurais sûrement pas eu de telles crevasses, et tout ce qui en découle.

  2. L’alternance stricte des seins (la pire stratégie)

    J’alternais d’un sein à l’autre à chaque tétée, sauf que mon sein n’était vidé que toutes les huit heures (elle mangeait toutes les quatre heures environ). Pour l’engorgement, ce n’était pas la bonne stratégie… L’idéal aurait été de proposer les deux seins lors d’une même session.

    Élément contextuel majeur : j’avais encore beaucoup de mal à me déplacer. Je devais m’appuyer sur mes bras pour me redresser, impossible d’utiliser mes jambes ou mes abdominaux à cause de la déchirure donc pour moi, lui faire changer de sein, c’était toute une épreuve…

    Certes, je pouvais demander à mon mari, mais à ce moment-là, le plus simple était de ne la mettre qu’à un seul sein (qu’elle avait de la peine à vider en plus…) et je ne savais pas que ce n’était pas une bonne idée.

  3. S’obstiner sur un sein engorgé

    6 jours après sa naissance, il est 23 h – minuit, je l’ai mise au sein droit pour me soulager, c’était celui qui était le plus engorgé. Elle a tété en continu pendant une heure. Effectivement, c’est énorme. Jamais il ne faut mettre un bébé au sein pendant 1 h, mais je n’en avais pas conscience… et ce dont j’avais envie, moi, c’était de me soulager et vider le sein. J’avais mal, ça me pinçait, alors qu’elle était pourtant bien positionnée.

    Résultat : mon mamelon droit, jusqu’ici préservé, s’est retrouvé totalement crevassé (à peine reconnaissable…).

  4. Le cataplasme à même la peau

    Même jour, même heure, j’ai tenté un cataplasme pour apaiser l’inflammation après la tétée, mais comme je l’avais appliqué directement sur la peau (mieux vaut le mettre en « sandwich » pour ne pas qu’il se dessèche), il a séché et ça me tirait la peau : c’était l’enfer.

  5. Ne pas masser mon sein correctement pour aider à le vider

    Oui, on te dit de masser. On te montre le geste. Tu sais ce qui m’a réellement aidé ? Que l’on me masse directement le sein ! Mon (incroyable) obstétricienne m’a vidé les seins. J’ai pu comprendre que je n’appuyais pas assez et sentir comment doit être un sein correctement vidé.

    À partir de là, j’ai su le vider correctement, ce qui m’a drastiquement changé la vie et désengorgé les seins.

    Tu peux récupérer le lait ! Je me mettais assise en tailleur, avec un verre en dessous et je faisais couler le lait dedans pour ne pas le perdre.

Six jours après la naissance

Le tire-lait : un premier soulagement

On est 6 jours après sa naissance : engorgement bilatéral, crevasses, et aucune solution pour nourrir Patachou à 23 h un samedi soir. Voilà ce qui m’a fait basculer.

Après l’épisode du cataplasme, j’ai commencé à pleurer en continu. Une vraie crise. En me regardant dans le miroir, je voyais mon visage déformé par les pleurs, ressemblant trait pour trait à celui de ma Patachou. Je n’avais aucune alternative : pas de biberon, pas de lait infantile, pas de tire-lait. J’ai dû rester en larmes pendant au moins une heure et demie.

Papaboussole a fini par appeler la maternité. Ils ont été adorables, et nous y sommes allés en pleine nuit. Il pleuvait à torrents, il faisait noir, on s’éclairait au téléphone. Notre appartement étant situé sur une petite colline avec des escaliers, c’était un enfer pour sortir avec la poussette ! Sacrée première sortie pour Patachou, qui a dormi tout du long.

À la maternité, ils ont inspecté ma poitrine et m’ont fourni un tire-lait pour soulager l’engorgement.

Honnêtement, à ce moment-là, j’avais désespérément envie qu’on me dise : « Arrête, voici du lait infantile, ça ira très bien. »

Si tu souhaites en savoir plus sur la transition avec le tire-lait et pourquoi ce n’était pas la solution miracle, j’ai fait un article dédié.

Dix jours après la naissance

Quand l’engorgement se transforme en mastite…

Quelques jours après avoir eu mon tire-lait, alors que Patachou avait dix jours, nous avons dû aller aux urgences gynécologiques car ma température dépassait les 39 °C. J’avais mal partout, des courbatures, le souffle brûlant, les yeux chauds et des tremblements. Nous sommes restés dans une petite pièce pendant une heure pour que je puisse m’allonger ; je délirais, je m’auto-papouillais.

J’avais peur de mourir à ce moment-là, j’avais peur que mon état de santé ne soit pas lié qu’à la mastite, que ça masquait quelque chose de plus grave et que ce ne soit pas détecté à temps. Cette peur de mourir, je l’avais eue également lorsque l’on m’a amenée au bloc.

Finalement, nous sommes repartis avec des antibios pendant 10 jours.

Quelques jours plus tard, la fatigue a fini par avoir raison de moi : la nuit de samedi à dimanche, je ne me suis pas réveillée pour tirer mon lait. Six heures de battement, et mes seins sont redevenus des « blocs de béton ».

De grosses rougeurs sont réapparues et ma température frôlait les 38 °C (et ce, alors que j’étais déjà sous Irfen et Dafalgan !). J’ai préféré retourner aux urgences.

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