Le quotidien avec bébé
Arrêter l’allaitement : comment cela s’est passé pour moi
La prise décision, l’accompagnement, l’arrêt, la transition vers le biberon, et l’après : toute mon histoire.
J’avais envie de continuer à donner mon lait à Patachou. Et pourtant, je n’en pouvais plus. Entre les soins, le tire-lait, les biberons et le manque de repos, arrêter a fini par devenir une possibilité que je pouvais entendre.
La personne qui m’a ouvert cette porte de sortie
Mon obstétricienne. Que veux-tu, elle a tout compris et comprend les femmes. Je ne l’ai eue que deux fois au téléphone pour qu’elle comprenne à quel point je n’en pouvais plus. La 3e semaine de vie, elle m’a appelée le lundi, je me suis effondrée au téléphone. Elle me propose d’arrêter :
« Mais Madame Mamanboussole, c’est trop, vous n’en pouvez plus, je peux vous proposer d’arrêter pour vous soulager […] Prenez votre temps, vous n’êtes pas obligée de décider de suite, c’est satisfaisant et gratifiant de donner le sein à votre bébé et de le nourrir, mais quand c’est trop … c’est trop ».
Elle m’a offert cette porte de sortie, que j’ai prise avec soulagement. Je m’étais offusquée quand j’étais allée aux urgences avec mon 40 de fièvre quand l’infirmière (âgée) m’a dit que ce n’était pas grave si j’arrêtais, qu’ils sont nourris tout aussi bien, et que ça ne les tue pas et que ses enfants ont très bien grandi avec le biberon. Oui, je suis d’accord… mais c’est tellement dur quand on veut absolument allaiter d’entendre ça.
Après des mois de réflexion, ce que je trouve particulièrement intéressant dans l’approche de ma gynécologue, c’est d’avoir remis en perspective ce que ME demande l’allaitement de mon bébé.
« L’allaitement de mon bébé », c’est ce qui m’est venu en premier à l’esprit et non pas « mon allaitement ». Car ce n’était pas le mien, c’était l’acte de donner le sein à et pour mon bébé, jamais par et pour moi.
J’ai finalement repris possession de cet acte dont j’ai pu me déposséder en ne remettant pas en question cette simple idée : « l’allaitement est la meilleure alimentation pour votre bébé ».
Bon, revenons sur le concret : j’ai refusé quand elle m’a appelée le lundi. Le mardi matin j’appelais désespérée son cabinet en disant « oui, je veux arrêter, je n’en peux plus ». J’ai eu un rendez-vous le mercredi matin pour m’expliquer les étapes à suivre.
Comment ai-je arrêté l’allaitement à 3 semaines post-partum ?
On est ce fameux mercredi matin, je suis chez mon obstétricienne. Elle m’explique en détail comment procéder. Dans mon cas, nous avons d’abord travaillé à diminuer les tirages, puis elle m’a prescrit un traitement pour arrêter la lactation.
Je ne suis pas professionnelle de santé, je restitue uniquement ce dont je me souviens et comment je l’ai interprété :
Première étape : diminuer la lactation
J’ai réduit progressivement le temps du tire-lait (qui stimule la lactation). J’évacuais le lait en massant les seins (ça fait mal et ça prend un temps fou, une bonne demi-heure par sein, mais c’est hyper efficace et tu peux mettre un verre en dessous pour récupérer le lait !). Je buvais également des infusions de menthe, qui est galactofuge (inhibe la production de lait). Rien qu’en faisant ça, j’avais complètement coupé mon engorgement et diminué ma lactation drastiquement.
Deuxième étape : les cachets
J’ai pris les cachets. Ils étaient minuscules, il fallait les couper en deux, franchement c’était approximatif… Étant donné que j’avais déjà bien diminué ma production de lait, ils m’ont presque tout de suite coupé ma lactation.
Et Patachou, dans tout ça ?
Grandmamanboussole est venue après un appel à l’aide désespéré, la troisième semaine de vie. Cela m’a donné du temps pour terminer mon allaitement et faire la transition avec le biberon.
Pour faire la transition sereinement, on a commencé à lui donner du lait infantile pour vérifier sa tolérance. Dans notre situation, sans pathologie connue, nous avons commencé par une préparation infantile standard à base de lait de vache et observé comment Patachou la prenait. Le but n’est pas de précipiter l’arrêt de mon allaitement mais de le rendre le plus confortable possible : on trouve la bonne formulation pour bébé et ensuite on arrête. Imagine toi : tu arrêtes mais tu es perdue parce que bébé ne prend pas, ou ne tolère pas bien. C’est à la fois culpabilisant et stressant.
Si tu souhaites choisir ton lait de suite (à partir de 6 mois), j’ai créé un comparateur pour les comparer en fonction de tes critères.
Notre choix pour un lait premier âge ? Le bimbosan classic 1. En ayant les connaissances que j’ai, à refaire, je prendrai le super premium. Ce n’est que mon avis.
Le soulagement n’efface pas tous les sentiments
Il m’est arrivé, jusqu’à 6 mois après, d’avoir toujours des gouttes de lait qui perlaient. Cela arrivait quand Patachou n’était pas bien, malade et pleurait beaucoup et j’avais envie viscéralement de la mettre au sein, je dois avouer que c’était les moments un peu “regrets” que j’ai eu mais vite balayer par la réalité du terrain.
Arrêter n’a donc pas voulu dire ne plus jamais y penser. Mais ces moments de regret n’effaçaient pas la réalité de ce que je vivais alors.
Et après ?
L’après fut pour moi un grand moment de réflexion : de faire un bilan de ma propre expérience (l’état de mon corps, mon mental, est-ce que j’allaiterai mes propres enfants) et toute une remise en question sur ce qui m’a poussé à vouloir aussi fortement à allaiter au détriment de ma propre personne.
Je te laisse découvrir ces sujets dans les articles qui leur correspondent et pourquoi, pour moi, ne pas avoir allaité plus longtemps a été le plus beau geste d’amour que j’avais pu faire pour mon bébé.
Qui contacter si je n’arrive plus à faire face ?
Si tu te souhaites avoir des conseils, tu peux en parler à ta sage-femme, à ton gynécologue, ou encore aux infirmières de la croix-rouge. Periparto propose aussi des ressources et du soutien autour de la santé mentale périnatale. En cas de danger immédiat pour toi ou ton bébé, va aux urgences (général, gynécologique ou psychiatrique).
Continue ton chemin
Une autre lecture, un autre besoin.
Mes chroniques
« L’allaitement est la meilleure alimentation pour votre bébé » : et la mère ?
La réflexion qui m’a amenée à remettre ma propre place au cœur de ce choix.
Lire cette autre réflexionSorties & activités
Du soutien avec la Croix-Rouge neuchâteloise
Une autre ressource à explorer autour de l’arrivée de bébé et du besoin de relais.
Découvrir ce soutienLe coin des mamans
Bliss Stories : la maternité sans filtre
Les témoignages qui m’ont accompagnée et aidée à mettre des mots sur ce que je vivais.
Découvrir mes écoutes
