La diversification · Mon retour d’expérience
Faire ses petits pots maison :
les difficultés et comment y faire face
J’adore cuisiner. Pourtant, faire les petits pots de Patachou m’a parfois dépassée.
Il a fallu apprendre, trouver les bonnes textures, préparer de toutes petites quantités… puis recommencer, même les jours où je n’avais plus beaucoup d’énergie.
Avec mon post-partum compliqué, j’ai découvert que l’envie de faire maison ne suffisait pas toujours à tenir le rythme.
Alors j’ai ajusté mes habitudes. Certaines choses m’ont simplifié la vie, d’autres m’ont fait perdre un temps fou. Voici les principales difficultés que j’ai rencontrées et ce qui m’a aidée à continuer, en laissant aussi une place aux petits pots du commerce.
Savoir cuisiner ne suffisait pas : j’ai dû apprendre à cuisiner pour bébé
Avant de commencer la diversification, je savais cuisiner et j’avais quelques repères pour composer nos repas : des légumes, pas trop de sel ni de sucre, et beaucoup de fait maison.
Mais cuisiner pour un bébé, c’était un nouvel apprentissage. Je me suis retrouvée avec toute une liste de questions : quelle place donner aux matières grasses ? Quelles quantités proposer ? Comment introduire les allergènes ? Comment faire évoluer les textures ?
Il ne s’agissait plus seulement de trouver quelque chose de bon à préparer. J’avais aussi besoin de comprendre comment adapter mes préparations à Patachou.
C’est là que Cuisinez pour bébé m’a beaucoup aidée. J’ai utilisé les recettes, les fiches récapitulatives et les ateliers pour construire mes repères, au lieu de repartir de zéro à chaque repas.
Aujourd’hui, je compose plus facilement ses repas moi-même et je consulte les fiches quand j’ai besoin d’un rappel. Je garde aussi l’application pour une raison très simple : savoir cuisiner ne veut pas dire avoir des idées tous les jours.
Et cet apprentissage a débordé sur nos propres assiettes ! Avec mon mari, nous mangeons désormais plus varié : davantage de lentilles corail, de haricots blancs ou rouges, du quinoa, des légumes que je cuisinais peu, comme les blettes, et différentes farines.
Le plus difficile, c’est de tenir le rythme
Au début, je préparais de petites quantités pour les premières découvertes. Puis les repas se sont multipliés.
Entre les compotes, les purées et les préparations à manger avec les doigts (finger food), je me suis vite retrouvée à passer beaucoup de temps en cuisine. Trouver des idées variées demande déjà de l’énergie. Ensuite, il faut encore les préparer.
Une application peut te proposer les recettes et te simplifier la réflexion. Elle ne vient malheureusement pas éplucher les carottes à ta place.
Chez nous, ce qui fonctionne lorsque j’en ai l’énergie, c’est de regrouper les préparations le dimanche après-midi (batch cooking). J’y passe environ trois à quatre heures. C’est long et intense, mais cela me soulage pendant la semaine. Cuisinez pour bébé propose chaque semaine un batch cooking pour préparer les repas du soirs. Les indications sont donc adaptées pour faciliter la préparation de 5 repas.
Quand ce n’est pas possible, j’essaie plutôt de préparer deux ou trois repas d’avance, en incluant celui de Patachou. Les recettes parents-enfants m’ont aidée à préparer en une fois notre repas, sans avoir deux menus entièrement différents.
Mais cette organisation dépend aussi de mon état.
J’ai traversé un post-partum compliqué, avec beaucoup de bas. Quand j’allais mieux, j’arrivais à suivre ce rythme. Quand mon moral et mon énergie chutaient, je n’y arrivais plus.
Même les jours où je me sentais bien, je trouvais cela prenant, particulièrement pendant la période où je préparais presque tout en purée.
Je reviendrai plus en détail sur les courses, les préparations et les portions dans mon article consacré à l’organisation des repas de bébé.
Les textures : beaucoup de tâtonnements et quelques sueurs froides
C’est l’une des choses qui m’ont le plus déstabilisée au début : je ne savais pas toujours à quoi devait ressembler le résultat.
Je mixais, j’ajoutais de l’eau, je mixais encore… et parfois, j’obtenais quelque chose de trop liquide. D’autres fois, la texture ne me semblait pas suffisamment homogène.
Quand Patachou avait un haut-le-cœur, cela me faisait douter : est-ce que j’avais mal préparé ? Est-ce que cette texture était trop nouvelle pour elle ? Je me retrouvais parfois à tout remixer.
Faire évoluer les textures m’a demandé du temps, des repères et de la confiance. C’était une chose de lire une explication, et une autre d’être devant mon bébé avec sa cuillère.

Mon grand casse-tête : mixer la viande
Dans ma première organisation, je préparais et congelais les aliments séparément. Je mixais donc la viande seule, souvent en très petite quantité.
Quelle galère.
J’avais énormément de mal à obtenir la texture que je cherchais. Et si j’en préparais davantage pour faciliter le mixage, je me retrouvais avec beaucoup de portions d’une même viande au congélateur.
Avec le recul, vouloir tout préparer séparément m’a compliqué la vie. J’aurais préféré m’appuyer davantage sur des recettes de plats complets, plutôt que m’acharner à mixer mes minuscules quantités de viande.
Les préparations à manger avec les doigts (fingerfood) m’ont aussi demandé des essais. Je n’obtenais pas toujours la texture souhaitée, même en suivant une recette. Ce n’est pas la partie de la cuisine pour bébé avec laquelle je suis la plus à l’aise.
Les petites portions m’ont compliqué la vie
Au tout début, les portions congelées dans des bacs à glaçons me semblaient très pratiques. Patachou mangeait quelques cuillères : je pouvais sortir une petite quantité et ajuster.
Mais j’ai vite découvert l’envers du décor.
Les bacs prenaient de la place. Je devais démouler les portions, les transférer dans d’autres contenants, puis recommencer pour libérer les moules. Tout cela ajoutait des manipulations et de la vaisselle.
J’ai aussi eu des pertes. Certaines portions sont restées au congélateur sans que je les utilise, puis j’ai fini par les jeter. Cela me frustrait, surtout après le temps passé à les préparer.
Lorsque les quantités mangées par Patachou ont augmenté, préparer directement des petits pots est devenu plus simple pour moi.

Vouloir tout faire maison : la pression que je me suis mise
Je pense avoir retenu quelque chose de mon expérience de l’allaitement : j’ai besoin de me laisser une alternative.
Pour l’allaitement, je n’avais rien anticipé si cela devenait trop difficile. Pas de matériel prévu, peu de repères sur les autres possibilités. Quand je me suis retrouvée à bout, j’ai dû chercher des solutions en pleine fatigue et en pleine détresse.
Je ne voulais pas retrouver cette sensation avec les repas.
Assez rapidement, j’ai donc commencé à acheter des compotes du commerce. Puis j’ai constitué une petite réserve de petits pots pour les jours où je n’avais rien préparé, rien à décongeler, ou simplement aucune envie de cuisiner.
Prévoir cette alternative m’a permis de souffler avant même d’en avoir besoin.

Mes critères pour choisir
Je regarde notamment :
- l’absence de sucre ou de sel ajouté ;
- issu de l’agriculture biologique ;
- les informations disponibles sur la provenance des ingrédients.
Ce sont mes critères personnels, ceux qui comptent dans mes achats. Je détaillerai mes choix et les produits que j’utilise dans un article dédié.
Cette réserve me sert aussi à compléter un repas maison lorsque je n’ai pas préparé assez. Je n’ai plus besoin que chaque repas soit entièrement fait maison pour être satisfaite de ce que je propose à Patachou.
Accepter aussi les petits pots avec de la viande ou du poisson
Cette étape m’a demandé davantage de temps.
Les scandales alimentaires m’avaient marquée, et je tenais beaucoup à choisir et à préparer moi-même la viande. Mais entre les difficultés de mixage, les petites quantités et la gestion des portions, cela devenait pesant.
Nous ne mangeons pas de viande tous les jours avec mon mari. Je ne pouvais donc pas toujours prélever une portion de notre propre repas pour préparer le sien.
J’ai finalement commencé à acheter aussi des petits pots contenant de la viande ou du poisson. Cela m’a offert une possibilité supplémentaire dans les semaines chargées.
Sur le moment, j’ai eu l’impression de « craquer ». Avec le recul, j’avais surtout trouvé une solution à quelque chose qui me coûtait beaucoup d’énergie.
Aujourd’hui, je fais maison… à ma mesure
Notre organisation a changé plusieurs fois depuis le début de la diversification.
Entre les sept et neuf mois de Patachou, je m’appuyais beaucoup sur les petits pots du commerce et je complétais avec du fait maison lorsque je le pouvais. Ensuite, j’ai recommencé à préparer davantage de repas.
Aujourd’hui, notre équilibre ressemble plutôt à ceci :
- Les compotes : je les achète le plus souvent, en grands pots ou en gourdes. J’en prépare encore occasionnellement lorsque j’ai des fruits très mûrs, que je réduis en crupote ou cuit pour faire des compotes.
- Les purées et les plats : je cuisine et je complète avec des petits pots du commerce selon les besoins.
- Les préparations à manger avec les doigts (finger food): je continue mes essais, à mon rythme.
Cet équilibre bougera probablement encore. Il dépend de Patachou, de notre quotidien et de mon énergie.
J’aime toujours cuisiner pour elle. J’aime lui faire découvrir des saveurs et voir ses réactions. Mais j’essaie de ne plus transformer ce plaisir en obligation à chaque repas.
Si je recommençais, je prévoirais des alternatives dès le départ. Je passerais moins de temps à m’acharner sur certaines préparations.
Donner du fait-maison sans vouloir tout faire moi-même.
À propos de ce témoignage
Sur Mamanboussole, je partage mon expérience personnelle avec Patachou. Pour les questions concernant les allergies, les textures adaptées ou les besoins particuliers de ton enfant, demande conseil à un professionnel de santé qui le suit.

